Actualité insolite et malheureuse pour Renault. Le constructeur automobile français a porté plainte contre un couple de Français habitant en Ile-de-France, accusé d’avoir volé des centaines de bornes wifi et des dizaines d’ordinateurs portables. Le matériel a été sorti du Technocentre Renault, une usine à Guyancourt dans les Yvelines où travaillent 12 000 salariés. L’homme était employé par un prestataire de service et intervenait régulièrement au Technocentre Renault.

Pendant plus d’un an, il a réussi à sortir un total de 400 bornes wifi avant de monter en gamme et de dérober 57 ordinateurs portables neufs avec des accessoires. On imagine aisément Renault commander des centaines voire des milliers d’ordinateurs chaque année, surtout en cette période post-confinement où les équipements nomades deviennent la norme pour remplacer des ordinateurs fixes. Il faut cependant comprendre comment autant de matériel a-t-il pu sortir d’un lieu de travail, sans soupçon ni contrôle sur le stock.

Du matériel volé revendu sur Leboncoin

Les accusés ont été interpelés suite à une enquête de la Brigade de sûreté urbaine qui a facilement retrouvé les auteurs : ceux-ci utilisaient le site Leboncoin pour revendre leur matériel. Un simple traçage des adresses IP, un jeu d’enfant pour le commissariat, autorisé à contacter le site de petites annonces pour obtenir ces informations et à contraindre l’opérateur de divulguer l’identité des utilisateurs derrière ces coordonnées informatiques.

Si ces accusations sont décrites au présent et non au conditionnel, c’est parce que le couple mis en cause a reconnu les faits.

Lui a expliqué avoir volé le matériel progressivement, lors de ses interventions chez Renault. Le tout était ensuite écoulé sur leboncoin. Sa compagne a admis avoir profité du bénéfice financier, confirmant la somme de 300 000 euros.

300 000 € en un an

Cela semble tout bonnement improbable de réussir à dérober 400 bornes wifi de gamme professionnelle en seulement un an, c’est-à-dire environ deux par jour de travail (si tant est que l’accusé allait tous les jours à l’usine Renault). Comment est-ce que personne ne s’en est rendu compte, autant ses collègues que ses responsables ? Comment est géré le stock de matériel chez Renault ? On ne peut imaginer 400 bornes wifi en attente dans des cartons, certaines étaient sûrement fonctionnelles et les débrancher aurait dû avoir un impact sur la couverture wifi de l’usine, sans parler des alertes de monitoring auprès des administrateurs du réseau.

Quoi qu’il en soit, le couple a été placé sous contrôle judiciaire et devra s’expliquer sur ces vols ainsi que les dépenses puisque les 300 000 € n’ont pas été retrouvés. Le « premier centre de R&D automobile en Europe » (comme l’annonce Renault) devra aussi trouver des solutions pour éviter de genre de vols à l’avenir.