Travailler pour Facebook, cela semble être génial. Une entreprise américaine à l’esprit jeune et libéré mais certains n’en profitent pas. Ils sont quelques milliers dans le monde à modérer le contenu publié sur le réseau social. Quelles sont leurs conditions de travail ? A quel type de contenu sont-ils confrontés ?

Embauchés par des sous-traitants et jamais par Facebook en direct, les contrats de travail sont verrouillés et très stricts : interdiction de parler de leur job à leurs proches, pas même à leur conjoint. Une clause qui s’applique à vie, même après avoir changé d’emploi pour aller dans une autre entreprise ou dans un domaine qui n’a rien à voir avec les activités de FB.

En tant qu’utilisateur, le pire qu’on puisse voir sur les pages, les groupes et les profils du réseau social sont des photos ou des vidéos de bagarre, des chutes qui finissent mal ou de l’érotisme. Nous ne voyons jamais, simples utilisateurs, de violence extrême ou de pornographie. A ce sujet, Twitter est beaucoup plus laxiste.

L’horreur, sur Facebook

Mais les modérateurs Facebook sont justement embauchés pour que le grand public ne soit pas face à ce contenu interdit. Zoophilie, pédopornographie, viol, exécution sont leur quotidien, en images, vidéos, textes. Une situation difficile à encaisser au gré des semaines, des mois, des années, jusqu’à causer une rupture avec la vie et ne plus avoir foi en l’humanité. Si les démissions sont nombreuses à ces postes, les séquelles psychologiques le sont aussi. Et pour cause, après avoir passé des centaines d’heures à regarder du contenu aussi extrême, difficile de retrouver une vie normale en oubliant tous ces mauvais souvenirs.

Problème, Facebook n’assume absolument pas les conséquences humaines de cette modération de contenu.

Reportage sur les modérateurs de contenu Facebook

Le documentaire commence après une « fake pub » de quelques secondes qui fait partie du reportage des « Invisibles, les travailleurs du clic » sur cet épisode spécial Facebook.